Comment composer avec son équipe vétérinaire ?

13 mars 2019par Campus du Management Vétérinaire

Marc Rosenberg – Veterinary Economics – 24/02/2019

Quand un des chirurgiens hurle, que l’autre écoute de la musique lors des opérations et que l’équipe n’aime ni l’un, ni l’autre, comment faire pour malgré tout gérer en toute sérénité son équipe vétérinaire ? Le Dr Rosenberg décrit la situation suivante :

Cinq vétérinaires font partie  de l’équipe de la Clinique Vétérinaire Health Way qui comprend également 13 techniciens. Comme dans de nombreux établissements vétérinaires de taille intermédiaire aux USA, le challenge principal consiste à créer une bonne ambiance dans l’ensemble de l’équipe vétérinaire.

Sur les cinq vétérinaires, deux effectuent la plupart des interventions chirurgicales. Comme ces deux vétérinaires passent beaucoup de temps dans la salle d’opération, ils tentent de rendre leur environnement aussi agréable que possible.

Après tout, un chirurgien heureux est un chirurgien efficace. Cinq des treize techniciens sont spécialement affectés à la chirurgie et ils passent donc de nombreuses heures en compagnie de ces deux chirurgiens.

 

Concentration critique

L’un de ces deux chirurgiens est particulièrement concentré et rigoureux lors des procédures chirurgicales. Cela peut l’amener à critiquer durement les membres de l’équipe même en cas de faux pas mineur.

De plus, en cas de difficultés lors des interventions, ce chirurgien peut vite jurer et s’énerver ce qui indisposent certains techniciens qui considère ce comportement comme impoli et puéril, allant même jusqu’à créer un environnement de travail hostile.

La direction de la clinique a réglé ce problème en réorganisant les rotations en chirurgie pour faire en sorte de faire opérer des techniciens qui s’entendant malgré tout bien avec ce chirurgien.

 

Quand la musique est bonne… ou pas

Dans l’autre situation, c’est la musique qui pose problème. En effet, la chirurgienne souhaite écouter de la musique pendant ses chirurgies. Une première solution a été de mettre des écouteurs à la chirurgienne pour qu’elle puisse écouter sa musique mais cela reste gênant quand il faut communiquer pendant une opération.

Ces deux situations ont été évoquées lors d’une réunion d’équipe. Les techniciens en chirurgie soulignent que les interventions chirurgicales sont davantage un travail d’équipe que n’importe quelle autre discipline clinique de l’hôpital.

 

La coopération, clé d’une équipe vétérinaire

oopération

Ils notent également que pour que l’équipe réussisse, elle doit coopérer. Les membres de l’équipe affirment que la vulgarité et une musique inappropriée ne contribuent pas à créer un environnement de travail positif.

Les deux chirurgiens répondent en déclarant qu’ils n’ont jamais eu l’intention de mettre des membres de l’équipe mal à l’aise. La réunion et ces discussions permettent l’atteinte des compromis suivants mis en place par la direction de la clinique  :

  • Le chirurgien un peu vulgaire s’engage à surveiller son langage et travaillera tout de même avec une partie de l’équipe plus tolérante vis-à-vis de ses débordements.
  • Pour la chirurgienne adepte de musique, elle s’engage à obtenir une validation de l’équipe sur les musiques écoutées en chirurgie pour que cela soit agréable pour toute l’équipe.

 

Les commentaires du Dr Rosenberg

« Chaque fois que la question du comportement de l’équipe se pose, j’ai toujours la même recommandation : en cas de doute, adopter un point de vue strictement professionnel.

En effet, nous passons de nombreuses heures chaque semaine sur le lieu de travail. Des erreurs sont commises et des erreurs de jugement surviennent. Le comportement professionnel ne tolère pas le langage vulgaire ou le désir d’un collègue de se réconforter aux dépens des autres en diffusant de la musique par exemple.

En un mot, la recherche du compromis à tout prix parce que ce sont des chirurgiens n’est pas forcément adapté. La direction devrait plutôt leur montrer en quoi leurs comportements sont inadaptés et essayer de les corriger. Cela fera d’eux des meilleurs chirurgiens et de meilleurs équipiers.»